XPATH- Anthropologie visuelle en Amazonie brésilienne

Ce blog présente plusieurs communautés Caboclos d'Amazonie brésilienne. Il lutte contre toutes formes de dégadations environnementales et insiste sur l'importance des modes de vie traditionnels pour l'écologie. F.K

26 avril 2008

TERRES D’AMAZONIE

Derrière un sourire une blessure

Mauricio Torres,

traduction Marc Bauvin

Dona Santa nous parlait d’une des multiples forêts d’évea du fleuve Tapajos, où son oncle serait mort lors d’un affrontement, quant subitement, apeurée, elle se tut.

Elle amena sa main au visage.

Son attitude révèle son savoir sur les berges de ce fleuve, du haut de ses 80 ans. Quelques instants figée, elle finit par sourire d’un air triste. « Aujourd’hui je réalise. Dans le temps on a fait aux indiens ce que les « grileiros » (grands propriétaires terriens) nous font aujourd’hui ».

La vielle matriarche, sans s’en rendre compte découvrait l’origine de ce qui se fomentait dans la forêt tout au long du fleuve Tapajos ainsi qu’au long de multiples autres en Amazonie, c'est-à-dire une alliance entre ceux qui avaient sur le visage la même blessure. Indiens, riverains, « quilombos » (descendants d’esclaves ayant fuit les plantations), préleveurs de latex, maraichers, paysans, récolteurs de noix de cajou, casseuses de noix de coco, et toute une ribambelle de gens qui se retrouvaient face au même conflit, face à la même menace.

Une menace sans visage. Un monstre sans identité mieux, à plusieurs faces et têtes. S’il disait la vérité, peut-être dirait-il : mon nom est légion : agro-business, métier forestier, fazendeiro (gros propriétaires terriens), barrage hydro-électrique, scierie, extraction minière, secteur de l’industrie, développement anarchique. C’est sous toutes ces formes que se présente cet être informe à plusieurs têtes.

Il a de multiples identités, mais son objectif est unique : un territoire débarrassé de ses occupants, ouvert à l’exploitation économique anarchique. Une forêt sans son peuple, ouvrant ainsi la dernière frontière de la planète à la soif  insatiable du profit.

Les riverains sont toujours des riverains, les indiens des indiens, quilombos des quilombos,… pourtant ils sont tous identiques au regard de « l’étranger » qui arrive pour les expulser. La menace s’étend également vers le fond de la forêt ce qui renforce encore plus la coalition entre ces peuples en faveur de la forêt où ils vivent et qu’ils défendent au dépend de leur propre vie.

Ils s’amalgament tous au regard de leur ennemi commun, l’être difforme à plusieurs têtes.

Beaucoup de têtes, mais seulement deux mains.

Dans l’une il amène « les actes de propriété », le mensonge officiel. Le titre légal (même si ce n’est qu’une mince couche de vernis qui le protège) il sert de subterfuge légal pour enlever le droit légitime de ceux qui vivent dans la forêt. Dans l’autre main, l’être difforme amène ses francs tireurs et les énormes intentions de tuerie sur le terrain. Le contenu de ces deux mains plus que d’expliquer la violence et la méthode de l’expropriateur, révèle la perspicacité et la force de résistance de ces gens pour défendre leur terre. Cette résistance démontre bien, dans tous les recoins de l’Amazonie, que leur grande force est cette alliance qui s’amplifie chaque jour davantage. Cette alliance ne signifie pas que les différences d’identité entre ses divers groupes disparaissent ; cela montre seulement que la manière où ils se voyaient les uns les autres se modifie face à l’arrivée de l’expropriateur commun. Ils découvrent et bâtissent les différentes manières de s’unir dans une lutte commune. Ces peuples font leur histoire et leurs enregistrements oralement. L’être difforme détruit la valeur documentaire de l’oral, principalement pour justifier sa rapidité et sa manière d’occuper le terrain.

Il relègue le patrimoine culturel de la majorité des peuples de la forêt au rang de « sous-information » et méprise leurs manières de défendre leur territoire et foret considérant que cela est dû à une documentation pour le moins étrange.

Ceci explique l’énorme avidité de toutes ces communautés Amazoniennes d’accéder au savoir, par le biais des écoles et de la formation. Ils connaissent « l’écriture » mais ce sont les outils qui les expulsent de leur terre. La connaissance des moyens d’enregistrement par écrit est une manière de s’emparer des armes de l’être difforme et de se défendre contre lui.

Dans « Terres d’Amazonie », l’œil perçant de Jérôme COTON et de Florent KOLANDJIAN nous touche beaucoup. Pour les uns cela les attendrit, pour les autres cela les angoisse, mais jamais cela ne les laisse dans l’indifférence.

Fruit d’une longue et profonde immersion dans les conflits aux confins de l’Amazonie et de l’être humain, l’anthropologie visuelle de Jérôme et Florent nous trouble et met en évidence comment, pour le peuple de la forêt, l’avancée de la propriété privée amène le retrait de la légalité soit l’avènement de l’illégitime.

         Ces peuples sont l’unique obstacle réel de la défense de la forêt. Une grande connaissance de l’Amazonie n’est pas nécessaire pour percevoir l’innocence de croire en l’efficacité d’actions de contrôle afin de contenir l’avancée de la destruction. Les images contenues dans « Terres d’Amazonie » amènent à ces gens d’une manière combattante ce qui leur a toujours été refusé :

L’existence scripturale et politique.

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21 février 2008

Exposition pour la Semaine Nationale du Développement Durable 2008

plexpoweb

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16 janvier 2008

Année 2008

Bonne année à tous,

L'année 2008 commence à pleine vitesse dans la continuité de l'année 2007!

Au programme cette année, la projection du documentaire "Amazonia Grilada", le 1er février à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales de Paris, dans le cadre de l'atelier documentaire organisé par JP Colleyn et JC Penrad.
D'autres projections devraient avoir lieu en ce début d'année et nous profitons de cette espace informatif pour passer notre annonce car nous sommes toujours à la recherche de lieux publics ou privés pour diffuser notre travail.

Dans cette perspective, la Galerie Mézière à Eaubonne (95), nous permet d'exposer notre travail photographique du 31 mars au 6 avril 2008. La date du vernissage sera fixée ultérieurement.

Les nouvelles de l'Amazonie :

La communauté Mangabal attend toujours la signature du décret de création d'une réserve extractiviste sur son territoire. Cette décision juridique qui permettra à la population de continuer à pratiquer son mode vie traditionnel basé principalement sur une agriculture du manioc et la pêche est la seule alternative pour protéger son territoire de l'intrusion des expropriateurs fonciers (grileiros). Nous continuerons donc cette année à militer en faveur de la signature de ce projet afin d'éviter qu'il s'enlise dans les piles de dossiers entre les mains du ministère de l'environnement brésilien. Nous réaffirmons que la volonté de l'O.N.U de créer des puits de carbone pour lutter contre les changements climatiques doit être accompagner de décisions concrètes sur le terrain.
Ainsi, le projet de réserve extractiviste Montanha-Mangabal s'inscrit directement dans la valorisation des modes de vie bénéfiques au patrimoine naturel mondial.

Par ailleurs, notre collègue et ami brésilien Mauricio Torres continue son travail d'enquête sur le terrain malgré les menaces dont il a fait l'objet ces derniers mois. De plus en plus isolé sur la scène nationale brésilienne, ces travaux suscitent un vive intérêt de la part des institutions européennes. Le chercheur à fait paraître en décembre 2007, un article disponible sur le site de la revue brésilienne Caros Amigos (http://carosamigos.terra.com.br/) intitulé "Governo ajuda madeireiras a devastar a Amazônia".
Nous espérons le recevoir en France lors de la semaine nationale du développement durable la première semaine d'avril 2008.

En attendant de vous rencontrer lors de nos manifestations scientifiques et culturels, nous vous souhaintons une bonne année 2008, pleine d'informations et d'évolutions.

Meilleurs voeux......

Florent Kolandjian

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17 octobre 2007

Conférence de sensibilisation

RDV le 20 novembre 2007 à 18 heures

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L'association des professeurs du collège-lycée Stanislas (Paris 6ème) met à notre disposition leur amphithéatre pour une conférence de sensibilisation sur la protection de la forêt amazonienne. Nous profiterons de cette occasion pour présenter nos recherches de terrain et réafirmer que la protection de la forêt amazonienne passe inévitablement par le soutien des populations traditionnelles. Durant cette conférence intéractive, basée sur les photographies, les cartographies et les vidéos réalisées en Amazonie brésilienne nous aborderons les thèmes suivant :

- Connaître l’Amazonie et ses populations
- Découvrir la diversité de la forêt amazonienne,
- Comprendre les formes d’exploitations durables des forêts tropicales,
- Réfléchir aux enjeux géopolitiques, économiques et écologiques de l’Amazonie
- Définir le développement durable et le commerce équitable

La conférence, animée par Florent Kolandjian, est basée sur la complémentarité des compétences des membres de notre équipe :

jeh1. Jérôme Coton  (cinématographe) :
La démarche visuelle de Jérôme promut la spontanéité des acteurs. Il capte l’expression des habitants et retranscrit avec esthétisme les manifestations culturelles. Il est l’auteur des photographies de la fête du Çairé. Egalement paysagiste, il immortalisa, de jour comme de nuits les multiples couleurs de la forêt tropicale.

mt 2. Mauricio Torres (sociologue)
Mauricio travaille depuis 2003 en Amazonie brésilienne. Professeur de sociologie à l’Université de Sao Paulo, il connaît parfaitement les spécificités des populations d’Amazonie. Dans son ouvrage « Amazonia Revelada », il a répertorié les zones de déforestation grâce à des survols en hélicoptère. Ce sont ces documents que le sociologue met à notre disposition pour sensibiliser l’opinion publique.

portrait3. Florent Kolandjian (anthropologue)
La démarche de Florent est basée sur la confluence entre photojournalisme et ethnologie. Ses images sont la synthèse d’une enquête de terrain et l’instantanéité permise par l’outil photographique. Avec discrétion, il enregistre les détails d'une scène permettant une lecture analytique de l’objet photographié.


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26 avril 2007

Salon des solidarités

Nous serons présents au salon des solidarités qui se dérouleront les 22, 23 et 24 juin 2007 au parc floral (Paris, Porte de Vincennes). Nous utiliserons notre espace pour présenter notre projet d'anthropologie visuelle avec la communauté Mangabal, installée sur les bords du Rio Tapajos en Amazonie brésilienne. Cette communauté caboclos-riberinhos subit l'intrusion de groupes économiques dévastateurs pour l'environnement. En avril 2006, la communauté a été reconnue propriétaire de son territoire. Malheureusement cette première victoire ne constitue pas une solution durable. La deuxième étape nécessaire à la protection de son territoire et par conséquent à sa survie est la création d'une zone de protection environnementale de type réserve naturelle d'extraction. Si vous souhaitez comprendre le mode de vie de cette société orale, connaître le calendrier de nos actions pour la soutenir et découvrir à travers des diaporamas et des projections de documentaires, RDV au Parc Floral, sous la tente CINEMATA.

PS: N'oubliez pas de nous écouter sur RFI : 89.0 sur paris

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23 avril 2007

RFI

Notre projet commence à avoir quelques retombées. Après la mise en ligne la bande-annonce du documentaire que nous avons réalisé avec la communauté Mangabal, RFI vient de nous contacter pour que nous exposions notre projet dans les émissions "elan" et "les visiteurs du jour". Sans hésitations nous avons accepté et nous préparons en ce moment nos interventions.

Donc rendez-vous sur RFI le 4 mai à 15 heures.

En quelques minutes, notre objectif est de faire passer le message que : la survie de l'Amazonie réside dans la préservation des communautés traditionnelles. En effet, les connaissances qu'elles ont acquises grace à leur mode de vie basé sur une exploitation de la nature ne perturbant pas sa regénerescence font de ces hommes et ces femmes les garants de ce patrimoine écologique. Néanmoins, cette "mission" (aussi conscientisée soit elle) est durable et doit être accompagnée par une aide gouvernementale et internationnale. Les populations reculées sont les mieux placés pour faire vivre la forêt de manière écologique néanmoins si elles ont les moyens sur le long terme d'apporter d'avantage au monde que les exploitants de bois ou les éleveurs qui exproprient leur terre aujourd'hui, elles sont aujourd'hui confrontées à une situation d'urgence qui exige que leur cause soit médiatisée. La lutte contre ces expulsions et ces abus de pouvoir doivent être dénoncés et recueillir le soutien de nous tous. Celui ci s'exprime avant tout par une prise de conscience, une volonté de s'informer et d'agir en prenant soin de savoir ce que l'on consomme. 

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